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Chroniques sur le monde contemporain : G. Eturo, G. Bloufiche et Major Tom

Suis-je de gauche ? Suis-je de droite ? Réponse à Bobleymar

Publié le 11 Juillet 2013 par G. Eturo in Politique

Cet article se veut une réponse au commentaire de Bobleymar sur l'article relatif au néopétainisme.


En préambule, je remercie Bobleymar, pour la sympathie du ton que ne vient pas gâter la salutaire franchise du propos (et si je souligne cela, c'est parce que le net est bien plus souvent une foire d'empoigne sans retenue ni élégance qu'un forum de débat civilisé).


L'occasion m'est donc fournie par ce commentaire d'évoquer l'incontournable question de mon positionnement politique (droite ou gauche ?). Question difficile pour moi, que je n'ai fait qu'effleurer dans ce blog, mais la bonne humeur aidant, je suis bien décidé, ce soir, à ne pas lâcher l'affaire et à me prêter au jeu.


Commençons par le commencement : je ne suis pas encarté, je ne soutiens aucune structure partisane et n'ai pour l'heure aucune activité militante. Autant dire que si je ne me suis pas encore sali les mains (et dieu sait qu'avec les partis que nous avons, le meilleur savon ne suffirait pas à les laver), je n'ai encore rien entrepris de concret non plus.


Suis-je de droite malgré mes prises de position ouvertement socialistes ? Bobleymar suppose en effet que j'appartiens à la droite anti-libérale, dont il reconnaît dans le même temps qu'elle est aujourd'hui fort peu représentée dans notre pays. La difficulté vient de ce que l'on entend par la "droite". Si je m'en réfère à René Rémond, je peux d'emblée affirmer que je ne suis ni légitimiste (le royalisme, très peu pour moi), ni orléaniste (le goût prononcé pour le monde des affaires, ce n'est pas spécialement ma tasse de thé), ni bonapartiste (mélange de paternalisme et d'autoritarisme peu compatible avec mes idéaux démocratiques). La question se corse dès lors qu'on convoque le gaullisme, en ceci que je nourris depuis longtemps une admiration sincère pour le Général. Il faut bien reconnaître cependant que le gaullisme comme force politique est mort avec De Gaulle, en ceci qu'après sa disparition, ses successeurs s'empressèrent de trahir tout ce qui faisait l'originalité politique du bonhomme et constituait la marque d'un courant politique particulier. Citons l'attachement viscéral à la souveraineté et à l'indépendance nationale, la confiance inébranlable dans les insondables ressources du peuple français (le génie national), la construction d'une Europe des nations (et non d'une Europe intégrée avec la technocratie bruxelloise), le recours fréquent au suffrage populaire, la politique du "rang" et de non alignement relatif sur la scène internationale, la volonté de cohésion nationale par-delà les différences (réelles) de classe (citons le projet de participation, qui coûta cher à De Gaulle)... Les compromissions ont été telles à droite que je ne me lasse pas de rire à gorge déployée chaque fois que j'entends un cacique de l'UMP proclamer qu'il est gaulliste. De ce point de vue, rendons grâce à Nicolas Dupont-Aignan pour sa cohérence : il est moins ridicule à mes yeux avec son score de 2% aux dernières élections présidentielles que les hypnotisés du marché libre et des réformes structurelles qui peuplent l'UMP et qui continuent de se réclamer du gaullisme. On les voit, d'ailleurs, qui tentent désespérément de s'en sortir en invoquant le passage du temps, l'époque qui a changé et autre argument d'une platitude crasse. La vérité, c'est qu'ils ne sont plus du tout gaullistes, ils sont même tout le contraire : libéraux, atlantistes, euro-enthousiastes et ébahis devant le premier modèle de réussite étrangère qui leur tombe sous la main (en réalité, je le dis à nouveau ici, ce sont des néo-pétainistes).


Je ne peux pas nier mon attachement au gaullisme. Mieux, je le revendique. Mais en tant qu'il relève d'une adhésion sincère à certains credos gaulliens, parmi lesquels ceux que j'ai évoqués plus haut, dont je ne vois pas en quoi ils seraient spécifiquement de droite. Cependant, je dois le reconnaître, certaines de mes positions actuelles paraissent rapidement conservatrices à mes interlocuteurs qui se revendiquent de gauche. J'étais ainsi plutôt défavorable au "mariage pour tous" (décidément, quelle formule absurde !), sans pour autant que le vote final de la loi me traumatise pour deux sous, et sans que je ressentisse le besoin impérieux d'aller manifester (ah, si tous ces gens allaient paraillement dans la rue pour combattre la finance !). Question drogues douces, je suis clairement de ceux qui pensent qu'il ne faut pas rendre la vie des parents plus difficile qu'elle ne l'est déjà (avec des écrans partout et tout le temps, des jouets technologiques omniprésents, l'impérialisme publicitaire, la pornographie gratuite sur le Web, le recul de la transmission du savoir à l'école, le jeunisme débilitant etc.), dégommant tous les interdits, ce à quoi participerait inévitablement la légalisation du cannabis. Côté immigration, je suis favorable à une régulation souveraine du flux des entrées légales sur le territoire (plus que sous Sarkozy, par exemple, mais ce n'est pas difficile) et à la maîtrise de l'immigration clandestine (ce qui implique d'abord de sanctionner le vil patronat), parce qu'une immigration de masse me semble préjudiciable à la cohésion nationale, voire quelque peu absurde dans le contexte de crise économique avancée que nous connaissons (et sans prétendre que le chômage s'expliquerait pour le moins du monde par l'apport démographique de l'immigration). Ajoutons que je suis absolument hostile au vote des étrangers pour toute espèce d'élection, y compris locale, parce qu'en vieux républicain grincheux (jeune et déjà si vieux pourtant...), je ne puis concevoir de dissocier la citoyenneté de l'appartenance à la communauté nationale. Allons plus loin : je ne nourris aucune sympathie pour l'Islam - vous avez bien lu, je ne parle pas d'islamisme mais bien .(carrément) d'Islam. Peut-être suis-je donc un peu islamophobe : croiser une femme voilée et toute vêtue de noir dans la rue me met plutôt mal à l'aise -  ce malaise étant d'autant plus grand que le tissu couvre la tête et le visage - et je dois dire que je ne manquerais pas de considérer un supposé recul de la religion islamique en France comme une bonne nouvelle. Je terminerai ce bref inventaire (non exhaustif) en soulignant mon hostilité farouche à l'égard de tous les dispositifs de discrimination positive, quelle que soit la réalité des injustices (réelles bien qu'aléatoires) qu'ils prétendent combattre, et en observant que je n'ai jamais de mots assez durs pour toutes celles et ceux qui s'acharnent à enrober d'interdits la parole politique, fût-elle choquante ou délirante, jusqu'à voir se multiplier les convocations devant les tribunaux.


Cher Bobleymar, ces quelques éléments qui ses situent dans le champ des problématiques que vous évoquiez dans votre commentaire, semblent effectivement me positionner à droite de l'échiquier politique, malgré l'hostilité que je nourris à l'endroit de l'hypercapitalisme contemporain et du type de société que ce dernier suscite. Pour autant, même si pour mes amis de gauche, toutes ces prises de position me rangent à droite, ce n'est pas ainsi que je le vis dans la mesure où elles sont parfaitement compatibles avec ce que fut la gauche avant la fin des années 1960, c'est à dire quand elle était républicaine, nationale et socialiste. Car enfin, quelques précisions s'imposent. Par instinct autant que par raison, je déteste le racisme et tout ce qui peut ressembler de près ou de loin à une assignation identitaire des individus (or celle-ci est alimentée aujourd'hui aussi bien par les racistes de droite que par les anti-racistes de gauche). Je suis favorable à la liberté religieuse, rendant ici (et seulement ici) éternellement grâce à Voltaire ("écrasons l'infâme !"), et considère qu'il serait liberticide de priver les Musulmans (ou d'autres) non seulement de leurs droits civils et politiques, cela va sans dire, mais aussi de lieux de culte. Dans ma vie professionnelle (et l'occasion m'est régulièrement donnée de participer à des entretiens d'embauche), il ne me viendrait pas à l'idée d'écarter un candidat parce qu'il aurait un nom à consonnance étrangère. Je ne suis pas favorable, comme j'ai pu l'évoquer, au droit des votes des étrangers aux élections locales, mais je ne vois aucun inconvénient à ce que sous certaines conditions, des personnes étrangères puissent devenir Français et ainsi acquérir le droit de vote au même titre que leurs concitoyens (en clair, je rejette fermement toute conception ethique ou essentialiste de la nation). Enfin, moi député (pour paraphraser notre impopulaire Président), je n'aurais sans doute pas voter en faveur de la loi étendant la possibilité du mariage civil aux couples homosexuels, comme je l'ai dit, mais je ne supporterais pas que l'on vînt chercher des poux à qui que ce soit sous le simple prétexte qu'il serait homosexuel (et j'ai toujours trouvé que le PACS était une bonne idée).


Suis-je de droite, finalement ? Oui, mais seulement si, et seulement si, l'on considère qu'être de gauche suppose d'une part, de valider tous les désirs indivivuels par le truchement du droit, sans accepter que des raisons légitimes puissent venir les contrarier, et d'exalter d'autre part, par principe, tout ce qui relève de la différence et du minoritaire, au point de transformer l'action politique en une tonitruante sociologie de combat dont la résultante est précisément d'assigner des personnes, par le truchement de la statistique, à des constructions sociales catégorielles réductrices. C'est pourtant cette posture qui conduit nombre d'électeurs potentiellement à gauche vers les droites, elles qui usent et abusent des questions moins économiques et sociales que culturelles et identitaires (sans rien vraiment changer pour autant, dans les faits, et non sans franchir d'ôdieuses lignes rouges, comme a pu l'illustrer le déplorable discours de Grenoble de M. Sarkozy). Pourtant, est-ce de droite que de réclamer un Islam gallican (sans vouloir faire d'anachronisme), c'est à dire moins un Islam de simple importation qu'un Islam plus et mieux enraciné dans la nation (lecture coranique en français et non en arabe, prière dans les mosquées et non dans les rues, voile discret et en tout état de cause pas de voile intégral car en France, c'est ainsi et c'est heureux, on découvre son visage etc.) ? Est-ce de droite que de considérer que la sécurité publique est d'abord la garantie d'une vie tranquille pour les moins protégés et les moins influents de nos concitoyens, même si pour cela, il faut juger nécessaires certains dispositifs répressifs ? La question de savoir si un couple homosexuel peut se pacser ou bien se marier est-elle à ce point déterminante pour ranger qui que ce soit à gauche ou à droite, alors même que je nourris par ailleurs un attachement sans faille à l'égalité des droits civils et politiques des personnes et le respect de leur vie privée, quelle que soit leur orientation sexuelle ? Est-il dangereusement militariste et donc affreusement de droite, que de vouloir garantir un budget de la défense conséquent de façon à donner à notre démocratie, sur la scène internationale, le crédit d'une nation forte, en particulier face aux dictatures, et de lui éviter de remettre sa sécurité entre les mains d'un allié encombrant (Tacite était-il de droite, en proclamant que "faible est le renom d'une puissance qui ne se fonde pas sur ses propres forces")?

 

Peut-être tout cela fait-il de moi quelqu'un relevant d'une sorte de droite anti-libérale comme le suggère Bobleymar (dans le mesure où je suis dans le même temps pour les services publics, pour la nationalisation d'un bon nombre d'entreprises aujourd'hui privées, pour des différences de salaire n'excédant pas un écart de 1 à 20, pour l'instauration d'un salaire maximum, contre l'exil fiscal, bref, pour la puissance publique au service d'une société solidaire). Mais cela n'est vrai quà la condition de ramener l'essence de la gauche à un catalogue de valeurs manichéennes, servant à manier l'anathème comme une mitraillette automatique pour mieux faire oublier, au passage, sa trahison permanente de l'idéal socialiste. 

 

Pour ma part et pour résumer, je vois les choses comme suit. Il y a d'abord un premier clivage, qui oppose les humanistes et les anti-humanistes. Dans le camp des anti-humanistes, nul doute que nous retrouverons, cher Bobleymar, nos ennemis communs, à savoir les racistes, les rares allumés du culte du chef, les lobotomisés d'une France essentialiste, les nostalgiques de feu l'alliance du Trône et de l'Autel quelles que soient les confessions, et j'en passe. Ces gens là n'ont souvent de la démocratie qu'une conception formelle et tactique : rejoignons-nous pour les combattre et réjouissons-nous qu'ils soient toujours minoritaires aujourd'hui. Dans le camp des humanistes, il me semble a contrario qu'il y a pleinement place pour le débat, y compris sur les questions de société et les problématiques culturelles, sans qu'il soit nécessaire d'en faire une condition majeure d'une idéologie de gauche ou d'une idéologie de droite. Le pire étant de "refuser de débattre" en se pinçant le nez, sous le prétexte que le débat entre humanistes alimenterait supposément l'influence politique des anti-humanistes, alors que c'est précisément l'inverse qui est vrai, comme l'atteste la progression continue du Front National en France malgré tous les discours repoussoirs tenus par toutes les forces "de gauche".

 

Vient ensuite le second clivage, celui qui fonde à mes yeux la véritable matrice du clivage droite-gauche contemporain. A droite, celles et ceux que ne révolte pas la progression des inégalités socio-économiques, qui approuvent la captation des démocraties par la finance internationale, qui bradent les biens publics au profit des oligarques ou démantèlent le système de protection sociale au nom du sacro-saint principe de compétitivité etc. Peu importe ici que cette politique soit conduite par l'UMP ou le PS, il s'agit pareillement d'une même politique de droite, c'est à dire d'une politique de conservation de la dynamique oligarchique des démocraties initiée dans les années 1980 et constamment poursuivie depuis lors. A l'inverse, dans la structuration de ce clivage, la gauche se définirait d'abord par la recherche d'une société solidaire, du haut en bas de l'échelle sociale, et par une volonté d'approfondir la démocratie en renforçant l'influence des citoyens sur les politiques publiques. A droite (UM-PS), le discours de la nécessité, de l'ordre des choses ou de "l'époque qui va comme cela". A gauche, la volonté farouche de changer la vie dans le sens d'un "mieux collectif", sans en passer par les totalitarismes d'antan et sans jamais sombrer dans un fatalisme gestionnaire façon Solférino, sans même évoquer une fascination non avouée pour le capitalisme et sa dynamique pyschologique, je veux dire la quête sans fin de l'accumulation matérielle et de la réussite sociale (que de compromissions de gens de gauche pour cette obessionnelle mobilité sociale... cf. au premier chef des parcours sociaux comme celui du bon docteur Cahuzac).


De cette grille de lecture, il ressort donc que je me sens malgré tout davantage à gauche qu'à droite, même s'il se trouve que je n'ai pas encore à disposition, dans l'offre électorale qui m'est donnée, la gauche que je souhaiterais, à savoir une gauche nationale (c'est à dire ancrée dans la nation, son histoire et sa culture) ou européenne (mais alors aucunement communautaire, et tout aussi ancrée sur un territoire et les dépôts culturels transversaux qui fondent l'identité européenne), souverainiste (dans une déclinaison nationale ou européenne, c'est au peuple français de choisir), radicale (dans sa prétention à bousculer le réel et à s'attaquer frontalement aux oligarchies et aux paradigmes économiques du néolibéralisme) et républicaine (dans sa considération première des personnes par rapport aux groupes sociaux, dans son attachement à la common decency, déclinable en France sous la forme d'une morale laïque).


Le problème en France est bien que le tableau politique me paraît aujourd'hui relativement bloqué. L'UM-PS, c'est entendu, est une réalité que seuls les imbéciles heureux peuvent encore nier. Pour autant, le Front National appartient encore au premier clivage que je citai, avec un nombre important d'anti-humanistes parmi ses membres, militants et cadres dirigeants. Tandis que le Front de gauche brouille son audience, pourtant si prometteuse sur le plan des idées économiques, par son  refus pavlovien d'attribuer une légitimité aux préoccupations culturelles (la mise en question du multiculturalisme, qui n'est pas la même chose que la réalité indéniable et non problématique d'une France multi-ethnique, ou encore l'attachement au drapeau, qui ne relève pas forcément d'une posture nationaliste), par la tendance agaçante à "fasciser" (reductio ad hitlerum) tous ceux qui y consentent dans le camp des humanistes ou à "beaufiser" tous ceux qui ne partagent pas son enthousiasme devant ce qu'elle présente un peu trop systématiquement (et facilement) comme des "progrès de société", ou encore par la pénible habitude de célébrer les minorités en tant que minorités, dessinant une société dramatiquement clivée, sociologiquement parlant, entre victimes (les homos, les femmes, les étrangers etc.) et bourreaux (les blancs, hétérosexuels, hommes, occidentaux), rejoignant par des chemins détournés la logique d'assignation identitaire que le Front de Gauche dénonce dans les rangs du Front National, tout en étendant l'empire du politiquement correct, c'est à dire d'une forme de terrorisme intellectuel.


Toutes ces explications font, je l'espère, que vous comprendrez bien pourquoi j'aime à me définir, par-delà mon souhait d'une gauche républicaine radicale, comme un gaulliste de gauche européen

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Bobleymar 29/12/2013 16:30


Eh bien, drôle de coïncidence, il y a déjà quelques mois que je n'étais plus venu sur ton blog et voilà que je vois que tu as répondu a mon
commentaire hier!


Je tiens vraiment à te répondre à nouveau, et je m'excuse si cela t'ennuie. Nous sommes vraiment très proche idéologiquement, donc pas de
critique, je tenais juste à préciser que je ne suis pas marxiste, mais que je tends vers une façon de penser communiste plus au sens philosophique du terme qu'au sens politique (plus Rousseau).
J'ai absolument conscience de l'impossibilité dans le monde actuel de l'a mise en place d'une telle utopie. Mon commentaire était un petit peu trop "idéaliste" ou "optimiste", j'ai conscience de
la réalité et des difficultés actuelles, ainsi je sais qu'aujourd'hui, un pays sans état serait impossible, ou bien serait l'aboutissement ultime du libéralisme. D'ailleurs comment pourrait-on
combattre le libéralisme sans une force publique digne de ce nom et comment pourrait-on avoir une société altruiste et solidaire sans état-providence?


Tu partages le même avis que moi sur l'environnement, la décroissance semble logique mais il ne faut pas dénigrer la science quand elle nous
fait avancer.


Enfin, je le répète, bien entendu que notre armée nous empêche d'être à la merci des dictatures et à la botte des américains mais je pense que
tu te trompes lorsque tu juge que les pacifistes sont indirectement des soutient à l'impérialisme US. Il ne faut pas négligeait la force que la non violence a sur les esprits. Gandhi est bien
plus adulé dans le monde que Georges W. Bush. Le pacifisme est une grande force. Et une France pacifiste et non-violente porterait un message bien plus fort et plus retentissant qu'une
Amérique armée jusqu'aux dents.


Bonne continuation et
bonne année!

Bobleymar 16/07/2013 11:23


Merci pour cette réponse (à laquelle je ne m'attendais vraiment pas), ton article est vraiment bien, ton explication complète, claire,
argumentée, sans parti pris, défendue de la meilleure des façons (ac citations, réf hist...)On souhaiterait voir plus souvent ce genre de vision dans les médias qui sont souvent partie
prenante.


Je suis communiste (pas totalement, je n'aime pas trop les cases), mais je tiens à te le dire, je n'ai aucune sympathie pour ce qu'a pu être
l'URSS et l'ancien bloc de l'est, que je considère comme une tyrannie et une barbarie sur font de capitalisme d'état, qui a bafouée notre idéologie. Je pense qu'à ce jour, il n'y a encore jamais
eu de systèmes communistes (mis à part quelques tribus amazoniennes).


Je suis totalement d'accord ac toi sur les points éco et social, et considérant que ceux-ci sont les plus essentiels, je suis donc en accord
avec toi sur plus de 90% de ton article(bien que je me méfie des chiffres qui cachent trop souvent des facteurs importants), j'avais cru comprendre ds ton article sur le néo-pétainisme que tu
accordais plus d'importance aux valeurs qu'a l'éco et au social mais je me suis fourvoyé.


Alors voyons le reste : je pense 1ment que l'éco étant le plus imp, ds l'optique d'une société socialiste(très utopiste aujourd'hui), les
inégalités aillant baissées, les pbs culturels et ethniques, l'auront tout autant, ceux-ci étant exacerbés par la perte de repères dû au capitalisme et à la mondialisation.  De même ds un système socialiste combiné à une remise en cause de la gentrification, les pbs d'insécurités auront surement disparu (pas totalement, la pauvreté
n'expliquant pas tout), et donc la police et l'armée perdraient de leur importance, et le nb d'officiers baisserait forcément (en att, il est vrai que notre armée empêche la domination totale des
USA), mettant ainsi à mal une forme d'autorité contre laquelle je suis opposé (en bon soixante-huitard qui n'a pas connu mai 68). Je rappel que l'utopie communiste est une société  sans classe et sans état, l'état limitant par nature la liberté (on voit ainsi en quoi l'URSS n'était pas coco).


En ce qui concerne l'islam, je suis totalement opposé au voile intégral, aux prières de rue, mais pour cela il faudrait de nouvelles mosquées,
ce qui ne plairait pas aux traditionnalistes, on voit ainsi leur paradoxe, pas de mosquées mais pas non plus de prières de rue. Je suis en outre opposé à l'intervention de n'importe quelle
religion ds la vie politique (opposé à l'islamisme donc).


Sur la religion pure, je n'aime aucune religion particulièrement, islam ou autre, pensant qu'elles limitent le champ de pensée. Je suis en
revanche opposé  à leur interdiction (trop de dictatures l'on fait!).


Sur le plan de l'immigration, je suis pour l'ouverture des frontières (vieux rêve du capitalisme pourtant) car je considère que les frontières
sont artificielles, que la Terre appartient à tous le monde (et à pers en même temps), alors si je peux me rendre en Afrique, il n'y a pas de raison pour qu'un africain ne puisse pas se rendre en
France. Il faut bien sur accompagner le développement ds les pays pauvres, c'est la 1ère chose à faire avant de fermer les frontières pour limiter les flux.


Je n'étais pas contre le mariage gay, je n'aurais pas manifesté pour, en revanche je suis un fervent défenseur de l'adoption. Je suis conte la
PMA, j'hésite en contre sur la GPA.


En ce qui concerne l'environnement, je soutiens plutôt les thèses décroissantes (seulement en occident, je n'imposerais jamais ça aux pays
pauvres), pensant que la mise en place d'une société communiste doit passer par une remise en cause du matérialisme et du productivisme, que ds un monde limité, le dév n'est pas illimité, et que
le progrès n'est pas tjr là ou on le croit. Je suis en outre opposé aux OGM, au nucléaire, ainsi qu'aux gaz de schiste.


Enfin, en tant que gauchiste décervelé et électeur "gogo", je suis du même avis que toi, je trouve que la gauche est un peu trop donneuse de
leçon, et, bien qu'antiraciste, anti-sexisme,  et anti toutes sortes de discriminations (même "positive"), je pense qu'à force de voir du racisme, du
sexisme, et des discriminations partout, la gauche entretient ce racisme par cet excès d'antiracisme et favorite ainsi le FN. Je juge que cela est en partie dû au fait quelle a perdu sa
crédibilité éco avec la social-démocratie corrompue au capitalisme. C'est pour cela que je ne suis pas tjr d'accord avec le FdG, mais en revanche, je trouve que son programme éco et social est le
meilleur et que Mélenchon à apporté du sang neuf à la politique (attention à ne pas trop faire son G.Marchais).


Je suis plutôt un admirateur de Blum mais je dois avouer que de Gaulle est plus proche de moi économiquement parlant que toute la droite
thatchérienne de l'UMP. Je me demande s'il serait encore classé à droite aujourd'hui? Nous avons donc vu nos différences idéologique sur les questions sociétales mais considérant tous 2 que ces
questiosns ne sont pas les plus importantes, il serait intéressant de comparer nos points communs et divergences sur des enjeux tel que la lutte contre le capitalisme et la finance,  l'austérité, le dév durable...

M. Aurouet 28/12/2013 15:55



Bobleymar,


Quelques observations suite à ton commentaire :


- Je ne crois pas, pour ma part, à l'utopie d'une société sans classe et sans Etat. La question du Mal est impossible à liquider politiquement. Il faudra
toujours un Etat, avec ses outils régaliens. Pour moi, Marx fait erreur en présupposant que les idées sont le seul reflet des conditions d'existence. Néanmoins, je suis un fervent démocrate et
pense que l'essentiel est d'approfondir sans cesse la démocratie. A titre d'exemple, après le suffrage universel, il faudrait maintenant essayer le tirage au sort.


- Je ne suis pas militariste et je déteste toute forme d'impérialisme. Néanmoins, une République digne de ce nom est une République dans laquelle les
citoyens savent la défendre. Par ailleurs, dans le contexte actuel de domination américaine, il me semble incontournable d'augmenter les dépenses militaires de façon à pouvoir se débarasser de
l'OTAN (il faut savoir ce que l'on veut). Pour moi, aujourd'hui, les pacifistes qui pourfendent les dépenses militaires européennes sont, par la force des choses, d'indirects soutiens à
l'Imperium US.


- Je ne suis pas favorable à l'ouverture des frontières. La Terre est certes un bien commun : cela impose avant tout une responsabilité environnementale. Par
contre, les Etats appartiennent d'abord à ceux qui le peuplent et tout Etat a le droit, selon moi, de conduire souverainement sa politique d'immigration, pour autant que cette dernière respecte
la dignité humaine. Je suis en contrepoint absolument favorable à l'aide au développement et je reconnais aux autres ensembles régionaux, y compris et surtout les plus pauvres, le droit au
protectionnisme économique et culturel. Je ne me reconnais pas le droit de m'installer librement et à toute condition en Afrique. J'attire ton attention sur le fait que la mobilité internationale
des travailleurs est, avec celle du capital, la quasi réalisation du marché pur et parfait réalisé par les libéraux. C'est le gros problème de la gauche (je caricature) : elle ne voit que
les facteurs économiques et sociaux, et laisse de côté toute la légitimité des questions culturelles, par peur que ces dernières ne nourrissent un nouveau fascisme. Ce faisant, elle encourage la
mondialisation, puisqu'elle rejoint les libéraux dans l'abolition des frontières !


- Sur le plan de l'écologie, je suis A-CROISSANT. C'est à dire que je ne soumets pas toute politique publique à l'objectif de la croissance. Par exemple, je
hais la pub et souhaite en limiter drastiquement l'exercice. Les secteurs marketing peuvent toujours faire du chantage à l'emploi, peu m'importe. Ils mangeront leur pain noir. Je ne crois
pas que la technique résoudra tout, mais parallèlement je reste attentif aux développements de la connaissance scientifique. La décroissance me semble très cohérente et peut-être inévitable. Pour
ma part, je crois qu'il faut d'abord attaquer la société de consommation dans l'ordre idéologique (d'où mon hostilité radicale à la pub) pour aboutir à un mode de vie "suffisant" et davantage
orienté vers les autres et la chose publique. Je suis contre les OGM, et souhaite limliter la part du nucléaire pour autant que la souveraineté énergétique demeure garantie..



rlrt 13/07/2013 18:36


Je voudrais vous remercier, Monsieur Aurouet, pour cet article de fond qui m'apparaît d'une absolue limpidité.


Le républicain serviteur de la République française que j'ai été trente-cinq ans durant se reconnaît intégralement dans cette mise au point. J'ai, au mot près, les mêmes conceptions que celles
que vous développez. Vos interventions, au fond assez rares, sont un parfait plaisir auquel le suivi du flux RSS de votre blog me convie.


A la lecture de votre réponse, Bobleymar me semble le représentant de cette gauche décervelée, sans références républicaines autre que verbales destinées à rassurer le "gogo" électeur. L'on se
dit de gauche à l'aune de la "modernité" sans se référer aux corpus idéologiques des différentes gauches. Mais il en est de même dans la droite "décomplexée" façon Nicolas Sarkozy. Je suis un
certain nombre de blogs (dont, pur hasard ! nombre sont les mêmes que ceux figurant en liste de votre site, liste qu'il conviendrait de mettre à jour - les blogs de JFK ou Bonnet d'âne étant
inactifs depuis longtemps) dont celui de Philippe Bilger sur lequel je reste effaré de l'absence d'esprit critique des partisans de Nicolas Sarkozy.


 


De fait, une société qui fonctionne "à l'affectif" et dans laquelle le citoyen n'est considéré que comme consommateur ou bénéficiaire d'aides à caractère trop souvent électoraliste est mal armée
pour se battre dans le système mondialisé qui n'a pour finalité que de réduire les faibles à encore plus de faiblesse, pour ne pas dire à l'insignifiance, le seul signifiant de référence étant la
fortune acquise... Mais il est vrai que la croyance dans la mondialisation heureuse s'épanche dans l'achat de gadgets de marque !


 


Merci donc pour cette mise au point inyellectuellement "roborative" et pourtant si profondément exacte.