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Chroniques sur le monde contemporain : G. Eturo, G. Bloufiche et Major Tom

Le 11 novembre franco-allemand : la fausse bonne idée du Président Sarkozy

Publié le 29 Octobre 2009 par G. Eturo in Europe et monde


Le dernier de nos Poilus disparu, et voilà toute la symbolique du 11 novembre qui vacille. Il n’a pas fallu longtemps, en effet, pour que l’irénisme européen ne s’en empare, sous la forme d’une invitation par notre Président, Nicolas Sarkozy, de la chancelière allemande, Angela Merkel. Si l’on y réfléchit de plus près, cela fait déjà un moment que dans l’ordre des représentations, nos Poilus étaient sans doute moins célébrés pour leur courage et leur sacrifice que pour le fait d’avoir subi cette affreuse boucherie humaine que fut la guerre de 1914-1918. Moins des héros d’une nation victorieuse que des victimes d’un conflit absurde. Il n’est donc pas étonnant aujourd’hui que le 11 novembre glisse insensiblement vers le symbole d’une Europe réconciliée sur le commun et funeste souvenir de sa barbarie moderne. Ne nous plaignons pas, on ne peut reprocher aux civilisations d’aimer la paix : c’est encore la meilleure alliée de la vie. Qu’on ne se méprenne pas, donc : il est évident que le 11 novembre ne doit plus célébrer la défaite des « Teutons », la revanche sur l’ennemi germanique. Le sens même d’une commémoration réside dans la résonance du passé dans le présent. Quelle signification pour les contemporains que cette victoire sur un peuple devenu ami ?

 

Le problème est plutôt dans ce qu’un tel 11 novembre risque de ne plus commémorer. On ne contredira pas toutes celles et tous ceux qui expliquent, avec raison, que parmi les moteurs déterminants de cette guerre, le nationalisme, l’impérialisme et le militarisme figuraient en bonne place. Cela n’empêche pas qu’en août 1914, la France se mit en marche pour contrer un agresseur qui cherchait à la mettre à terre. Et que dans cette défense républicaine de la nation et de la démocratie, il y eut quelque chose d’admirablement beau, de formidablement courageux, d’incroyablement exemplaire. S’il est un symbole que ce nouveau 11 novembre viendrait empêcher, c’est celui de la défense de la patrie menacée dans son intégrité, et de la République, au péril de sa vie. On peut penser que ce symbole est d’un autre âge, on peut penser qu’il n’est plus nécessaire. Et pourtant, de même qu’il m’est difficile d’imaginer une démocratie sans implication ni participation des gens ordinaires, il m’est ardu de penser que la République et la nation n’ont point à être défendus, en cas de péril grave, par les citoyens. S’il est un message encore pertinent aujourd’hui, s’il est une chose que nos Poilus peuvent encore nous dire, chaque 11 novembre de chaque année, au-delà de l'expérience suprêmement tragique et horrible de la guerre, c’est qu’en certaines circonstances, il peut être nécessaire de risquer sa propre vie pour la liberté politique et l’indépendance nationale (ce qui n’est pas la même chose que l’intérêt national, notion beaucoup plus ambiguë).

 

Cette dernière notion, l’indépendance nationale, ferait aussi partie des idées qu’un 11 novembre franco-allemand, pour ne pas dire européen, ne manquerait pas de passer à la trappe. Toute enorgueillie de la réussite (relative et surtout précaire, pour ne pas dire provisoire) de sa vision transnationale et fonctionnaliste, l’Europe semble étrangère à toute ambition d’indépendance, à l’idée d’assurer sa défense par ses propres moyens. Ce qui, au passage et malheureusement, la confirme dans sa vocation juridico-marchande. Or, ce n’est assurément pas en réinterprétant toutes les guerres du vieux continent à l’aune d’un pacifisme désincarné que l’on réussira à construire une République européenne indépendante, mais bien plutôt en puisant dans la capacité d’attachement des Européens à leur liberté, leur(s) nation(s) et, pourquoi pas, un jour, leur civilisation commune. Il est temps de comprendre que l’universel s’incarne toujours dans le particulier, et que pour cette raison, dans l’intérêt même de l’Europe, un 11 novembre républicain, même strictement français, vaut mieux que son remplacement par une fête européenne de la Paix (d’ailleurs, doit-on le rappeler, l’Europe dispose déjà d’une journée de célébration, le 9 mai de chaque année).

Commenter cet article

Jordan Belgrave 06/11/2009 14:58


Bonjour,
nous aimerions pouvoir mettre votre article en ligne sur notre site, pensez-vous que cela serait possible?

Cordialement,

Jordan Belgrave


Ouallonsnous ? 06/11/2009 09:30


Suite de mon commentaire publié à 9h25;


Ceci en violation de l’article
11 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, qui proclame
« La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de
l’Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi. »  renforcée par  ;  , « Suite... à la mise en
oeuvre de la liberté de communication proclamée par l’article 11 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 »…. « l’objectif à réaliser est que les auditeurs et les téléspectateurs qui sont au nombre des destinataires essentiels de la liberté proclamée
par l’article 11 précité soient à même d’exercer leur libre choix sans que ni les intérêts privés ni les pouvoirs publics puissent y substituer leurs
propres décisions ni qu’on puisse en faire les objets d’un marché ». et les lois françaises qui en déterminent les
modalités ;  Loi n° 86-1067 du 30 septembre 1986, Loi relative à la liberté de
communication dite * Loi Léotard *, Modifié par la Loi 2000-719 2000-08-01 art. 28 et 32 JORF 2 août 2000),  et autres sur le sujet, car les destinataires essentiels n’ont pas été consultés.la décision n° 2000-433 DC du 27 juillet 2000, du Conseil constitutionnel qui affirme que


La contradiction la plus flagrante, en plus du problème juridique, est que
tout cela — l’acheminement de flux d’informations important — existe depuis l’invention et l’installation des réseaux câblés.


C’est donc, en plus du déni des droits des citoyens à faire un choix
personnel d’opérateur, une démarche démagogique, car ignorant les besoins de la population qui eux sont beaucoup plus « sages » et déjà satisfaits dans la majorité des cas, en zone
urbaine notamment, les réseaux déjà largement surdimensionnés (acheminement par câble
coaxial), compte tenu de la capacité de la personne humaine à absorber de l’information, limitée au maximum et quelque soient les individus, à 24 heures par jour.  


Examinons donc de quoi il s’agit et ce qui se cache en réalité derrière ces nouveaux
« engouements » technologiques gouvernementaux. 


Les applications de la fibre optique sont nombreuses et les plus connues concernent ; 


- les télécommunications, pour la réalisation des
réseaux haut débit des opérateurs en technologie WDM, SDH,Ethernet,ATM.   


– dont
 l’audiovisuel, pour la réalisation des réseaux
câblés de télévision en association avec le câble coaxial utilisé pour le raccordement de l’abonné,  -


— la médecine, où la fibre
optique est notamment utilisée :
* en chirurgie, associée à un faisceau laser qui permet de : pulvériser un calcul rénal, découper une tumeur, réparer une rétine ...
* en endoscopie, pour éclairer l’intérieur du corps et transmettre les images jusqu’au
médecin 


- l’éclairage (muséographique, architectural, espaces
d’agrément publics ou domestiques), 


 - la signalisation routière , (ronds points, séparation de voies de circulation). 




Ouallonsnous ? 06/11/2009 09:25


Excellente analyse de la maniére dont est instrumentée l'histoire contemporaine par les autorités actuelles !

Mais votre article appelle un complément en particulier, l'illustration trés actuelle de comment nous en sommes arrivés là, et des moyens utilisés, pour, je vous cite ;"

l’Europe semble étrangère à toute ambition d’indépendance, à l’idée d’assurer sa défense par ses propres moyens. Ce qui, au
passage et malheureusement, la confirme dans sa vocation juridico-marchande." l'installer dans sa fonction de multinationale mercantile en ignorants ses états nations et les "patries" qu'ils
sont.

"


En corollaire des péripéties de la crise systémique mondiale et des
interventions médiatiques des différentes instances internationales dans les colloques, forums, réunions diverses dont celles en « G » pour faire croire aux peuples que l’on
s’occupe de remédier aux désordres en « réprimandant » quelques banquiers malhonnêtes qui auraient profités de la déréglementation voulue et initiée par les principaux détenteurs
de capitaux mondiaux, les Etats-Unis.


 Découplage du dollar de l’étalon or :Le dollar fût apprécié ainsi pendant vingt-cinq ans, c’est-à-dire depuis la fin de la seconde guerre mondiale, jusqu’au 15 août 1971 où, par décret
présidentiel de Richard Nixon, les Etats-Unis rompirent unilatéralement leur engagement international et commencèrent à escroquer le
monde.


Dématérialisation totale de la monnaie américaine qui ne s’appréciait plus
par rapport à l’or, ni par rapport à une grandeur physique économique réelle, mais par rapport à la quantité de crédit distribuée par les banques, devenant de ce fait du crédit virtuel car non
adossé à une valeur physique marchande réelle. Cette mesure de dérégulation entraîna celle des marchés, permettant des spéculations de plus en plus énormes, d’où la crise systémique actuelle
qui est beaucoup plus qu’une crise financière, les limites des crises financières précédentes et de la crise de 1929 ayant été tellement dépassées que c’est le système tout entier qu’il faut
refonder, au minimum en le régulant à nouveau (cf. Bretton-Wood, suivi du new-deal de Roosevelt).


 Analysons le cours des événements dans cette problématique, et leurs
implications sur la vie économique de nos pays, car nous allons vivre, depuis cette date historique du 15 août 1971, les débuts de la mise en place de ce que nous appelons maintenant « la mondialisation », qui n’est autre qu’un nouveau visage du colonialisme d’antan, c’est-à-dire l’impérialisme et la soumission des peuples à
l’économie de marché partout dans le monde.


Son « inéluctabilité » dépendant de la capacité des classes
dominantes et dirigeantes à imposer leurs volontés et à convaincre que leurs intérêts sont ceux de tous (manipulations idéologiques et dictatures).  L’élément clé de la mondialisation
est la compréhension que son but n’est pas un monde meilleur et plus juste mais, comme cela a toujours été le cas avec l’Impérialisme, de servir les intérêts de ceux qui détiennent déjà pouvoirs
et privilèges !


Pour commencer, la France, en perte aigue de sa souveraineté depuis
Maastricht et l’Euro, se débattant dans le « concasseur » des identités et souverainetés nationales que constitue la mUE ( multinationale Union Européenne), depuis 2007 sous la coupe
d’une dictature républicaine incarnée par une maffia, émanation des lobbys bruxellois aux ordres de l’oligarchie anglo-ètatsunienne impérialiste dont les pouvoirs sont à la City de Londres
et Wall-Street et dont l’armée est l’OTAN.


Dans leurs dernières « trouvailles » pour arriver à leurs fins –
la ‘’mougeonnisation’’ des citoyens( de mouton et pigeon) -, les gouvernants de notre pays nous enjoignent maintenant de nous équiper en « tout numérique ». Avec la menace à la clé, de couper prochainement les systèmes de diffusion existant qui nous relient au reste du monde,
tout devant transiter par la distribution numérique optique.


 Avec
pour les opérateurs de services de communication électronique « choisis », l’opportunité de se faire un « pactole » sur le dos des populations en leur installant (imposant)
jusqu’à domicile, une distribution par fibre optique, seule capable à en croire la propagande martelée à longueur d’écrans par les médias aux
ordres, d’acheminer les flux d’informations de la nouvelle ère « tout numérique ».


Ceci en violation de l’article
11 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, qui proclame
« La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de
l’Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, impri



Nicolas 31/10/2009 15:03



Ce jugement n'est pas faut conernant la dérive que pourrait connaître l'évènement. Mais avec un peu de volonté, un 11 novembre franco-allemand pourrait tout à fait souligner ces points très
justement énumérés (défendre sa patrie, assurer l'indépendance, démontrer paradoxalement une pulsion de vie et de vivre-ensemble) et fonder l'âme d'un noyau dur européen autour de l'idée
d'être debout ensemble, comme un seul homme cette fois, face à toute adversité.