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Chroniques sur le monde contemporain : G. Eturo, G. Bloufiche et Major Tom

La France doit prendre la tête d'un front du redressement économique occidental, et vite

Publié le 2 Mai 2013 par G. Eturo in Politique

Nous avons pointé à plusieurs reprises combien le marasme économique actuel, sous les contrées du Septentrion, était partiellement imputable au libre échange, condition de la division internationale des processus productifs. Il est en effet tout à fait clair aujourd'hui que les multinationales sont devenues pour la plupart des organisations apatrides, dont le mobile du profit s'avère déconnecté des communautés politiques dont elles proviennent. Une chose est de partir à la conquête de nouveaux marchés, une autre est de localiser son appareil productif librement sur la planète pour réimporter ensuite dans les pays consommateurs.

 

Sous un angle géopolitique, cette situation engendre un déclin occidental comme corrollaire à l'émergence des puissances asiatiques, largement imputable à la stratégies des multinationales occidentales dans un contexte économique et financier totalement ouvert et dérégulé. Les historiens ne manqueront pas de pointer à l'avenir, à mon sens, combien les élites économiques auront alimenté le déclin occidental, jusqu'à réclamer à présent l'austérité budgétaire pour la masse des citoyens ordinaires. La boucle, bientôt, sera bouclée : les entreprises internationalisées demeureront très riches, tandis que les peuples occidentaux s'appauvriront toujours davantage. 

 

Dans ce contexte, il faut de toute urgence sauver l'Occident de la folie de ces dirigeants de grandes entreprises qui nous aspirent vers les ténèbres. C'est pourquoi la France doit prendre une double initiative, qu'elle proposera à ses partenaires occidentaux :


- La première doit consister à redonner rapidement du souffle aux finances publiques, sans en passer par la casse des Etats que les piteux gouvernements actuels organisent, sous couvert d'une saine gestion façon "bon père de famille". Cela se traduirait par un défaut partiel des dettes souveraines.


- La seconde doit s'attaquer durablement à l'une des racines du problème, en réactivant des barrières protectionnistes pointées vers les pays à très bas coût de main d'oeuvre (mais sans que quiconque soit nommément désigné au niveau international). Il s'agit en somme de déployer une politique commerciale commune orientée vers une logique de prospérité et non d'accroissement dramatique de la pauvreté et des inégalités.


Un réarmement commercial ajustable aurait deux conséquences plutôt rapides : nos multinationales seraient contraintes d'une part de relocaliser une large part de leur appareil productif, tandis que les entreprises des pays émergents devraient investir sur nos territoires en vue d'échapper aux droits de douane et rester compétitifs sur nos marchés. Rappelons que les investissements directs sont profitables à tous et que ceux-ci sont plutôt favorisés par des mesures de régulation commerciale.

 

Il est plus que temps pour la civilisation occidentale de se réveiller, et de refuser le processus de déclin que les élites économiques ont engendré, avec la complaisance d'une élite politique idéologiquement laminée par le néolibéralisme. Peu importe l'OMC, peu importe même la réaction d'une puissance montante comme la Chine si l'initiative est portée par tout ou partie des nations occidentales. A cet égard, la France devrait davantage s'efforcer de convaincre les Etats-Unis plutôt que l'Allemagne (où l'on voit que la diplomatie française se sclérose en s'en remettant à un couple franco-allemand qui marche de moins en moins bien), quitte à isoler cette dernière dans la stratégie du fou qu'elle déploie ces derniers temps. Après tout, nos gouvernements sont d'abord élus pour conduire au mieux notre destin collectif, et non pour favoriser celui des autres puissances, qui ont leurs propres autorités pour s'en charger (et avouons qu'elles ne s'y prennent pas trop mal).

 

Arrêtons l'austérité, arrêtons le massacre, arrêtons le déclin ! A l'heure où la France s'en va supplier la Chine d'investir chez elle tandis que des fleurons entiers de son industrie sont passés sous contrôle étranger quand ils n'ont tout simplement pas disparu, il est capital pour elle de tout mettre en oeuvre pour faire bouger les lignes en concertation avec les Etats qui connaissent les mêmes déboires.

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