Dimanche 6 novembre 2011 7 06 /11 /Nov /2011 09:03

Publié dans : Poèmes

Ecoutez braves gens l’histoire du Terrible,

De la brute intrépide à la rage vengeresse,

Dont le nom tant maudit pour ses viles prouesses

Transpire encore le sang de crimes imprescriptibles.

 

Dans les confins brumeux des sphères financières

Où se meuvent et menacent dans l’Azur toxique

Les voltigeurs cupides, les rapaces du fric,

Suintent toujours la peur et l’odeur des cimetières.

 

« Jeune homme sans histoire » comme crachaient les médias

Ou « déséquilibré », tout est dit, tout est là,

Il traqua de sa hargne l’indécence brutale

Que firent germer partout les hyènes du capital.

 

Jean-Ba, Jean-Ba la terreur !

Vengeur des humbles travailleurs,

Qui du mal fit le désespoir du bien

Et du bien l’ombre harassante du mal !

 

Si l'on vous entretient du barbare au teint pâle

Par qui les choses hélas prirent un tour radical,

Vous apprendrez peut-être qu’un banal soir de fête,

De confiants financiers prirent une balle dans la tête.

 

Avec force tristesse on vous rapporterait

Comment les dominants qui font les hommes-déchets

Furent si peu capables d’éviter l’avenir

Que ce conspirateur préparait sans faiblir.

 

Vous sauriez à coup sûr combien d’âmes agitées

Du casino souverain qu’on appelle la Bourse

S’efforcèrent en vain d’échapper à la Source

Qui les transporta tous jusqu’au fleuve Léthé.

 

Jean-Ba, Jean-Ba le sanguinaire !

Bourreaux des pires actionnaires,

Qui du mal fit le désespoir du bien

Et du bien l’ombre harassante du mal !

 

Les vieux Etats croulant - aux polices moribondes -

Assistaient, impuissants, à l’odieux châtiment

Qu’infligeait Jean-Baptiste aux seigneurs arrogants,

Ivres de leur bon droit dans chaque endroit du monde.

 

Le temps de sa Folie ils eurent un adversaire,

Sans limite, inflexible et même sans frontières !

Invisible main leste aux meurtres purs et parfaits

Gâchant tout le plaisir de spéculer en paix.

 

Et tandis que partout les peuples s’indignaient

Sous le mépris grossier d’oligarques repus,

Jean-Ba le terroriste pour Gracchus se prenait

A l’ombre de G20 aux maints espoirs décus.

 

Jean-Ba, Jean-Ba l’insensé !

Vengeur de tous les méprisés,

Qui crut révolter les consciences

Par un torrent de violence !

 

Alors les ploutocrates dans un élan de classe

S’avisèrent d’obtenir via d’obscures interfaces

La tête de Jean-Ba à grands coups de dollars,

Un aller sans retour vers le noir du Tartare.

 

Et quand on fit couler le Champagne à Davos,

Soulagés qu’ils étaient de la mort du chacal

Sous l’implacable assaut d’effroyables bastos,

On rêva que le monde redevînt plus normal.

 

Jean-Ba le Terrible n’eut pas le goût pourtant

D’achever son histoire dans l’immense défaite

Que depuis le début il savait déjà faite.

Aussi Davos, bientôt, rejoignit le néant.

 

Jean-Ba, Jean-Ba le Solitaire !

Némésis rusée qui assaillit l’hybris

Sans ambages ni pitié !

Le désespoir dut posséder ta chair

Pour que de ton cœur dévoyé

Tant de haine jaillisse !

 

Jean-Baptiste le cruel !

L’Histoire se répète-t-elle ?

Depuis les oligarques continuent de plus belle

Et d’autres semble-t-il empruntent ton tunnel.

 

Depuis les oligarques continuent de plus belle

Et d’autres semble-t-il empruntent ton tunnel…

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