Partager l'article ! Tu avais tant raison, par M. Aurouet: J'ai perdu mon emploi à l'usine d'en bas : Les Roumains, paraît-il, trava ...
Causeries
républicaines
J'ai perdu mon emploi à l'usine d'en bas :
Les Roumains, paraît-il, travaillent vite et bien.
Vingt ans que j'ai donnés pour finir remercié :
Etre fidèle, tu vois, ça ne paie pas.
J’ignore encore pourquoi j’ai naïvement pensé
Qu'entre mon chef et moi, y avait un monde commun,
Que malgré sa Rollex et ses chemises Pierre Cardin,
Il était bien Français, oui, comme moi.
Je comprends mieux maintenant, Grand-père, tes syndicats ;
Ce que veut dire vraiment le mot prolétariat.
Je te trouvais ringard, remisé au placard,
Je te demande pardon, tu avais tant raison.
Alors j'ai pris l'auto, je ne sais pas pourquoi,
Je suis allé tout droit et sous des trombes d'eau,
Je me suis arrêté en nouvel homme déchet
Parler au Général, là-bas, à Colombey.
Qu'ont-ils fait de ton rêve, qu'ont-ils fait de la trêve
Entre l'argent maudit et le drapeau rouge sang
Qu'autour de la nation tu avais établi,
Pour que ce vieux pays dignement se relève ?
Je ne demande rien tant que le rassemblement ;
Mais sache que si jamais tu restais endormi,
Si la France se couche et s’aligne sans dépit,
Je rejouerais le temps des grenades et des cris.
Je pense à toi, grand-père, toi le vieux communiste
Qui sous l'auguste enveloppe votait toujours gaulliste ;
Moi l'homme national, moi l'homme du Général,
Il se pourrait bientôt que je vote coco,
Il se pourrait bientôt que je ne sois qu'un prolo.
Il se pourrait bientôt que je vote coco,
Il se pourrait bientôt que je ne sois qu’un prolo.
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