Mercredi 19 mars 2008
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Publié dans : Poèmes
Aux amis et camarades de l’EN3S
Je me souviens, je n’oublie pas
Ce qu’autrefois tu nous disais,
Que le changement est un progrès
Qui s’accompagne en mode projet.
Sur des PowerPoint répulsifs,
Tu déclamais à haute voix
Le catéchisme positif
Du Mouvement qui se déploie.
J’écoutais là sans dire un mot
La mélodie des normes Iso,
Le concerto pour violoncelle
De la novlangue universelle.
Même aujourd’hui ta symphonie
Hante mes nuits comme un cauchemar,
Et ta sonate aux milles outils
Résonne encore dans ma mémoire.
C’est dans tes griffes de musicien
Que nous apprîmes le Solfège
De l’Homme ressource de demain,
La marche funèbre où tout s’achève.
Je t’ai maudit de toute mon âme
Pour ce supplice aux vils refrains,
Ce boléro qui chaque matin
Me transperçait à coup de lames.
Je te croyais si haut perché
Sur la montagne Modernité
Qu’en te trouvant sur mon chemin
J’ai bien failli jouer l’assassin.
J’allai t’infliger la revanche
Que le poète en moi fomente,
Lorsque je lus dans ton regard
Le désespoir d’un homme hagard.
Sur les ruines de la réussite,
Tu sifflotais un air tragique,
Celui que chantent les perdants,
La longue plainte d’un partisan.
Et je perçus dans ta musique,
Mieux qu’un orchestre symphonique,
Le chant divin des odes bibliques,
Une rhapsodie héroïque.
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