Lundi 24 décembre 2007
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Publié dans : Poèmes
Dans mes rêves où sévit le démon du destin,
J’ai subi la lecture du journal quotidien.
Il parlait des brisures qui affligent les gens
Sous les coups terrassants d’un Chronos tout puissant.
A la ville comme aux champs résonne le tocsin
Des idylles éternelles qui s’achèvent au matin.
Une sur deux, une sur trois :
Tout dépend de l’endroit.
Pour l’amour des amants qu’on croyait invincible
Et qu’on retrouve, mourant, dans une défaite terrible,
De l’église au tombeau
Le chemin semble droit.
Combien de Waterloo, de Sedan, de Crécy
Pour les coeurs novices et les âmes de foi
Enivrés d’Austerlitz, Marengo ou Valmy ?
Sur les terres de l'amour où soufflent incessament
Les vents vifs et violents de brûlantes tentations,
Le pouvoir se dérobe aussi vite que le temps.
Aux tourtereaux transis de bonheur et d’émoi,
Un soleil enjôleur altère la vision
Des rapaces qui voltigent et qui guettent leurs proies.
Les corbeaux se nourrissent des blessures d’orgueil
Pour cueillir les amants comme de faibles feuilles,
Et les porter, mourant, jusque dans leur cercueil.
De ce destin funeste, mon Aimée,
Je ne veux pas.
Les vautours affamés peuvent bien nous narguer,
Je peux tout sacrifier à l’exception
De toi.
Je voudrais dès demain conjurer Waterloo
En élevant notre amour au haut rang des héros.
Car je t’aime au-delà de la chair et des mots.
Si un jour ta beauté séduit quelque coquin
Et que ton corps, brûlant, frémit sous ses mains,
Je laverai l’affront en caressant tes seins.
Si je reste le Roi sur ton cœur, sur ta peau,
Peu m’importe que tu vibres sous les tendres assauts
D’un joli prince de nuit aux accents fourbes et faux.
Car je veux pour toujours
Contempler ton sommeil,
La chaleur de ton corps le matin au réveil,
La douceur de tes mots qui efface la peine.
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