Samedi 10 novembre 2007
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Publié dans : Poèmes
La musique ininterrompue
Grâce aux intermittents du spectacle
La fête est partout dans la rue
Le silence, c’est pour les réacs’
Mais moi la musique me dégoûte
Prière d’ôter ces musiciens de ma route.
Sinon, je ne réponds pas de mes actes
Il est possible qu’à coups de batte...
J’éclate les musiciens péruviens un peu tendres
En les traitant de « crétin des Andes »
Avant d’achever le joueur de blues
A l’aide d’un calibre de douze
Nous ne sommes pourtant pas le 21 juin
Jour du massacre de la musique
Jour de la fête des musiciens
A la sauce démocratique
Pourtant pour mon plus grand bien
On a décidé de me faire subir
L’invraisemblable juke-box urbain
On me demande même aumône et sourire
Pour Chostakovitch enchaîné avec la Lambada
Pour Bonbonleio y El Condor pasa
Et Beethoven sur un piano désaccordé
Métissé à grand renfort de djembé
La musique, c’est la politique
Continuée par d’autres moyens
Comme le disait Clo-clo ou Clausewitz
Je ne sais plus très bien...
En tout cas, merci les musiciens
Pour me faire vivre dans le Beau
Pour m’informer sur ce qu’est le bien
Alors que je ne demandais rien
Merci, mais je vous quitte
J’abandonne la zone piétonne
Je m’enfonce dans les venelles et vite
Ma pensée redevient autonome
Le laid est laid et le beau est beau
Le vrai est vrai, et le faux est faux
Tout n’est pas pareil, tout n’est pas égal
Tout n’est pas tolérable
Alors que me venaient ces pensées réactionnaires
Une jeune fille survint à ma hauteur
C’est alors qu’advint l’inévitable
La funeste sonnerie de son portable...
La Neuvième symphonie
En son digitalisé
Eu raison de ma raison
Je dois le concéder
Dommage pour cette jeune fille
Pauvre victime collatérale
De ma réaction un peu vive
A la barbarie musicale.
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