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Chroniques sur le monde contemporain : G. Eturo, G. Bloufiche et Major Tom

Maladie contagieuse sous le tropique du cancer

Publié le 7 Septembre 2007 par N. Brunel in Politique

Ici un article signé N. Brunel. Il s'agit d'une réaction à la lecture du suivi des événements en Belgique. Elle vient rappeler opportunément combien la tendance au séparatisme accompagne notre village global... 


 

Triste tropique du cancer. Identité fondée sur l'argent, égoïsme caché derrière le prétexte de l'identité, tentative de jouer l'Union européenne contre les nations qui lui ont donné naissance. Qu'entends-je ? Même l'Allemagne connaît cela, à cause de la Bavière ? Seule la France semble résister alors ? Ce n'est même pas sûr. Mais au moins nos mouvements autonomistes ne sont pas basés sur l'entre soi économique. Triste consolation. 
Toutes les structures implosent sur le continent européen et personne ne bouge. Les Flamands obtiendront la fin de la Belgique. L'Espagne et le Royaume-Uni ne seront plus que des coquilles vides, l'Italie se résumera à la prospérité de Milan et la culture de Rome. Mais surtout ne rien dire, accepter, négocier. Ils ne veulent plus être ensemble, laissons-les faire. Faisons un référendum la fin venue. Ne pensons pas aux conséquences globales pour la soutenabilité de la paix, de la prospérité et de la liberté (l'Europe de demain, combien de frontières ?) des Européens pris globalement, ne pensons pas non plus à ce que vont endurer dans chacun de ces pays ceux qui ont subi l'éloignement ou la scission. Et finalement, ne pensons pas non plus à nous même, puisqu'on ne doit prendre en compte que l'égoïsme des autres et jamais le nôtre. Laissons faire les Flamands ou la Ligue du Nord alors que nous savons que cela nous mènera, chacun de nous, à observer autour de nous une sorte d'ex-Yougoslavie, des gens séparés, l'esprit de chapelle, des régions très riches mais côtoyées par des voisines très pauvres, les deux se détestant à force de divergence. Qui veux vivre dans cet état futur de ruine palpable et ressentie ? Pas moi, quasiment personne en France (pour l'instant), pas la majorité des Belges, ni des Allemands, finalement juste quelques esprits étriqués localement nombreux mais globalement minoritaires. Par contre ils crient fort, profitent de quelques dynamiques comme l'UE ou une forme particulière du libéralisme (la contamination du libéralisme politique par un libéralisme économique déformé), dynamiques qu'ils détournent à leur avantage. Encore une fois, ils crient fort et font croire que l'on doit dire oui ou se sentir coupable et avoir peur qu'ils crient toujours plus fort. Ce cancer des sociétés n'est pas comme celui des corps, il est contagieux.
Pour les Wallons, mais aussi pour les Belges en général, pour leurs enfants, pour les Français, avant que cela ne nous contamine, pour tous les Européens finalement, et dans l'espoir que la dynamique de rassemblement des hommes ne cède pas une fois de plus à l'effritement alors que l'économique et le scientifique sont toujours plus englobant et donc plus difficiles à domestiquer, il sera peut-être nécessaire que nous aussi criions. Que nous nous opposions à l'idée d'une fatalité favorable à la victoire des séparatismes. Que nous inversions la charge de la culpabilité. Que nous dévalorisions les fondements de ces nouveaux séparatismes, pas seulement en pointant du doigt l'immoralité fondamentale des arguments (richesse des uns contre coût des autres) mais aussi en montrant bien le futur que cela réserve aux enfants qui naîtront dans ces confettis européens et la douleur, la rage des vivants d'aujourd'hui et bientôt d'hier qui auront vu ainsi la poussière tomber sur nos sillages. Car de la rage, il va y en avoir. Je peux le dire déjà en mon nom, si ce qui se passe autour doit arriver dans mon pays, je ne me contenterai pas de crier. Il y aura de la manifestation, de l'opposition, de l'organisation pour faire face, et s'il devient clair que les ruines s'annoncent, qu'il ne suffit pas de crier contre les loups pour que tout se calme, ces ruines seront tachées. Car je ne me rendrai pas sans me battre. Bien sûr personne, surtout pas moi, n'a envie de passer à l'étape qui suit l'échec de la diplomatie, tout le monde préfère discuter. Tout le monde pressent qu'il s'agir alors déjà d'un échec pour toutes les parties. Mais il est important de dire dès les le stade des discussions quelles sont les limites à ne pas dépasser. En l'occurence, dire que personne ne détruira la demeure sans qu'elle soit défendue.
Pendant plus d'un demi-siècle, l'Europe avait enterré la question des frontières, au plus grand bénéfice de la paix et de la poursuite du bien-être. Il faut annoncer tout de suite les coûts qu'aurait la fin de cette politique pour tout le monde, en partuclier à ceux qui veulent y mettre fin pour des raisons légères.
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