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Chroniques sur le monde contemporain : G. Eturo, G. Bloufiche et Major Tom

Violence islamique et cohésion nationale

Publié le 22 Novembre 2015 par G. Eturo in Politique

 

On entend beaucoup d'appels à ne pas faire d'amalgames, afin de préserver la cohésion nationale. Et c'est vrai qu'il ne faut pas verser dans un choc identitaire qui ne ferait que répéter, en l'amplifiant, le recours à la violence (cycle bien connu attaques - représailles). Mais c'est oublier aussi, si l'on s'en tient uniquement à ce discours, que l'Islam exerce dans la société française et dans d'autres sociétés occidentales, une double violence. Et c'est aussi à la capacité de la faire disparaitre que dépend une large partie de notre destin envisagé sous l'angle de l'unité nationale.

 

La première violence est ouvertement assassine. C'est celle du Jihadisme tel qu'il s'est illustré avec les attentats contre l'équipe de Charlie Hebdo et la sauvagerie meurtrière du 13 novembre à Paris. Si le recours à la violence physique est sa caractéristique propre, elle puise néanmoins aux sources d'un fondamentalisme religieux qui est a priori d'accord sur le fait qu'il existe une seule vérité métaphysique. Au fond, et même si cette différence est tout sauf anodine, seule la question des moyens divise ses partisans. Il y a donc au sein de l'Islam une fraction de gens qui considèrent que son expansion est un but absolu. Dans cette optique, il ne peut y avoir d'égalité (ou plus modestement, de tolérance) entre les discours. Dans l'ordre des fins, les autres lectures du sens de l'existence doivent, au mieux rester secondaires, c'est à dire hiérarchiquement inférieures, au pire être éradiquées. Cette dernière option est celle de Daesh et de ses partisans, dont on sait à présent combien ils sont disséminés à travers le monde et notamment dans les pays occidentaux. Le terrorisme actuel n'est donc pas l'affaire de quelques fous, c'est bien une question interne au monde religieux musulman, même s'il est évident que les chemins qui conduisent au Jihadisme sont complexes et multi-factoriels (sociaux, psychologiques etc.). Pour le dire autrement et de la manière la plus simple, on peut être tenté par la violence pour bien des raisons mais il serait erroné de considérer comme un fait secondaire que cette violence s'effectue précisément au nom de l'Islam. La caractérisation de la violence n'est jamais anodine, car c'est elle qui délivre le message. Sinon, autant dire que les terroristes anarchistes du 19ème siècle étaient une poignée de desaxés dont le message ne revêtait aucune espèce d'importance. Ce serait absurde et je pense qu'on en conviendra aisément.

 

La seconde violence de l'Islam est symbolique. C'est celle qui s'exerce de façon croissante au quotidien. Elle se traduit par une posture de provocation spirituelle (je place sans discernement, toute ma vie sous les commandements rigoureux de l'Islam et du Coran => pas de dialogue inter-confessionnel possible, pas de transversalité religieuse) et culturelle (je montre ostensiblement que je me fiche de la culture dominante de pays dont l'Islam n'est pas, précisément, un héritage historique). S'agissant de la provocation culturelle, sa forme évidente en est le port du voile islamique, surtout lorsqu'il vise à couvrir une grande partie du visage. Puisque nous pouvons lire très régulièrement que le voile n'est pas une prescription coranique, on ne peut pas interpréter l'expansion de cette pratique du point de vue de la religion. Cela traduit donc une forme caricaturale de retour à des racines par ailleurs largement fantasmées. On remarquera que de nombreux Musulmans sont prompts à manifester (avec plus en moins de retenue) leur susceptibilité quand on critique ou quand on se moque de leur prophète : touche pas à mon sacré, aboient-ils en choeur, certains étant, au fond, plus méchants que d'autres. Et le sacré républicain ? Et les fondamentaux de l'identité française, rien de sacré dans tout cela ? La gauche dominante porte ici une très grande responsabilité, pour avoir systématiquement été faible à l'endroit de cette violence symbolique sous le seul prétexte, il faut bien le dire, que cette violence était celle d'une minorité. La gauche, d'ailleurs, a tellement abandonné son logiciel idéologique qu'elle n'est d'ailleurs plus que cela : un lieu de culte pour tout ce qui est minoritaire. L'intelligence ne fait plus partie de son programme, pas plus que l'attachement viscéral à des fondamentaux culturels.

 

Alors ? Alors d'accord évidemment, comme je le disais en introduction, pour ne pas faire d'amalgames. Mais pour que cet appel à la vigilance collective ne soit pas vain dans la durée, il y a deux conditions : il faut d'abord que les Musulmans renoncent, au sein de leur communauté de culte, à toute approche fondamentaliste. Cela signifie clairement qu'il leur faut accepter les Lumières comme paradigme dominant de la société française. Car autrement, autant en conclure que leur culte n'est pas compatible avec la République (qui a sa propre filiation philosophique). Ensuite, il leur faudra construire urgemment un Islam français, c'est à dire un Islam adapté aux aspects les plus fondamentaux des moeurs françaises. Parmi ces fondamentaux, figurent notamment deux choses essentielles : le recours à la langue française et le respect concret (et non feint) de l'égalité hommes-femmes.

 

Nous irons tous mieux, en somme, quand nous aurons un Islam français et non plus, comme il est systématiquement dit, des Musulmans de France. Ne pas mettre tous les Musulmans dans le même panier est la responsabilité de tous les Français agnostiques ou d'une autre confession religieuse. En revanche, faire évoluer l'Islam en faisant cesser la double violence qu'il nous inflige est de la responsabilité des Musulmans. Qu'ils se mettent au travail, et vite.

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