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Chroniques sur le monde contemporain : G. Eturo, G. Bloufiche et Major Tom

Face au terrorisme islamiste : nous sommes tous... FRANCAIS

Publié le 12 Janvier 2015 par G. Eturo in Politique

 

En prenant connaissance des dernières nouvelles, j'apprends que nos quatre malheureux Français de confession juive, lâchement assassinés dans les locaux de l'Hyper Casher parisien par d'ignobles Français musulmans, vont être inhumés en Terre d'Israël.

 

Voilà qui me semble à la fois bien triste et diablement fâcheux.

 

Triste, d'abord, parce que j'ai le sentiment désagréable que le lien qui m'unissait à ces personnes, en dehors de celui - fondamental - de notre commune humanité, vient d'être unilatéralement rompu. Alors que, la veille, je manifestais d'une part pour dénoncer le terrorisme islamiste et d'autre part pour pleurer fraternellement la mort brutale et choquante de compatriotes dont le seul tort était d'avoir figuré et dit ce qu'ils pensaient, voilà que la tragédie finit, via cette inhumation en terre étrangère, par congédier la nation.

 

Fâcheux, ensuite, parce que ce choix, même décidé dans l'immense douleur, même effectué dans un sentiment d'insécurité, tend à conforter le schéma d'une lutte globale entre deux identités irréconciliables que seraient les Musulmans et les Juifs, en tournant résolument le dos à la nation française. En outre, cette préférence symbolique pour le séparatisme facilite inévitablement le travail de sape des fondamentalistes musulmans pour qui l'appartenance confessionnelle fonde et résume l'identité d'une personne érigée en ennemi à abattre.

 

Par un paradoxe qui n'est qu'apparent, cette attitude rejoint tous ceux qui s'imaginent qu'un appel vigoureux au respect des différences confessionnelles - dans un monde de "communautés" ayant signé un pacte tacite de coexistence pacifique - constitue le socle d'une paix civile durable. Une telle représentation de la société, certes pourvue des meilleures intentions, ne saurait être un rempart crédible, tant il ne suffit pas de principes vertueux comme la tolérance pour contrer ce qui relève moins de querelles religieuses que de véritables passions identitaires. C'est en fait la faiblesse même de cette représentation qui conduit, au rythme des fissures du corps social, à envisager un refuge extérieur aussi trompeur soit-il, a fortiori dans le cas d'Israël.

 

En réalité, sans le partage d'une culture commune, sans cet attachement affectif qui fait d'une culture spécifique une identité englobante, toute coexistence sociale est précaire, le Multiple menaçant progressivement d'écraser l'UnCar la magie n'opère, le sentiment fraternel ne prend corps que si l'idée de fraternité se fixe sur une communauté imaginaire capable d'embrasser - en les dépassant - tous les imaginaires religieux. L'Occident s'est montré solidaire avec la France, en mobilisant des dizaines de milliers de personnes. C'est là ce que peut faire une communautés d'idées. La France a vu marcher dans ses rues quatre millions de personnes, c'est là ce que peut donner le coefficient multiplicateur de la nation, et ce fut un moment de communion comme notre peuple n'en connaît que rarement.

 

C'est pourquoi, dans la droite ligne de ce dimanche 11 janvier, Juifs, Chrétiens, Musulmans, Bouddhistes, simples agnostiques ou bouffeurs de religieux patentés, il nous appartient de retrouver au plus vite le sens de la nation et de cultiver, sans pour autant verser dans un nationalisme agressif, le sentiment national. Par lui, nous ferons en sorte que les différences  confessionneles soient tenues pour ce qu'elles devraient être, c'est à dire secondaires et non pas fondatrices d'un irréductible choc de fiertés identitaires.

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